“L’ETRANGER” de CAMUS

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“Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine.”

           Albert Camus, L’Etranger

 

RESUME’:

Meursault va enterrer sa mère : il regarde, il écoute, il fume, passivement. Il ne participe pas ; il répond; et c’est tout. Le lendemain, il rencontre Marie, se baigne avec elle, couche avec elle, sans rien vouloir, simplement parce qu’elle est là, et qu’il répond à ce qui l’interroge ou se présente. De même pour Raymond, son voisin, qui lui demande son amitié, et qu’il aide, comme on répond à qui vous parle avec insistance, sans rien penser de particulier. Et la vie coule, poussant les jours, le travail, le soleil, la mer, toutes choses que Meursault constate avec une conscience vide et lucide, toutes choses qui se reflètent sur lui mais auxquelles il ne se donne pas. Raymond l’invite à pique-niquer avec Marie et un couple ami sur une plage. Tandis que les trois hommes se promènent, ils sont accostés par des Arabes qui ont un compte à régler avec Raymond. Bagarre.

Meursault regarde. Plus tard, retourné seul vers la source qui coule à une extrémité de la plage, Meursault y rencontre l’un des Arabes. Cet homme ne lui est rien, et il n’a pas de haine, à peine le souvenir de ce qui s’est passé. Mais l’Arabe sort un couteau, la lame brille au soleil, et Meursault, qui par hasard a encore sur lui le revolver de Raymond, tire, tire encore, aveuglé par la lumière, la sueur, l’air brûlant…

 

COMMENTAIRE:

Le héros du livre est étranger à la société où il vit. Mersault refuse de mentir. Mentir, ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi dire plus que ce qui est et dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qui est, il refuse de majorer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne.  Meursault n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombre. L’étranger est l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité.

(Albert Camus, preface de l’Etranger)

 

L’évidence est neutre. Un homme parle, mais son Je n’a pas de visage, un nom seulement : Meursault, et des sensations fragmentaires, notées telles quelles dans l’instant. L’Etranger tendait à son époque le miroir de sa condition, dont la guerre venait de lui révéler l’absurdité. Personnage décalé vis-à-vis du monde, des autres et de soi-même, personnage sans espoir et sans résignation, Meursault incarnait pour la première fois l’homme absurde (ou plutôt la nudité de l’homme devant l’absurde), et il avait d’autant plus de pouvoir qu’il surgissait d’une création romanesque vivante en soi, et forte d’une évidence échappant à la thèse dont elle dérive. Meursault nous montre l’absurdité du monde, il ne la démontre pas; il la fonde et c’est à nous d’en déduire la notion.

 

STYLE:

Courtes et neutres, les phrases sont là pour nous suggérer que l’homme absurde ne peut que décrire, que vivre au niveau de l’existence pure, que recommencer à chaque instant, sans durée, sans “liaison”. Et la réussite de ce style est totale, qui nous donne à la fois l’éclat de l’instant et sa leçon.

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