Charles Baudelaire

Crée la poésie moderne, experience dun engagement total de lécrivain qui cherche dans laventure poétique une résolution de ses conflits et un moyen de connaissance du monde.

Profondément marqué par ses expériences ( la jalousie pour sa mère, la haine pour son beau-père, la solitude, la maladie), Baudelaire fait de sa vie une révolte, une fuite, un exil continu pour tenter doublier les limites de sa condition, pour fuir linquiétude qui naît en lui du conflit entre le cœur et la raison, le rêve de pureté et le tourment du péché, lamour pur et la sensualité, le besoin dabsolu et le sens du néant de son existence, de linutilité de toute chose.

LE SPLEEN. Cest une angoisse existentielle, lincapacité à accepter sa condition, la difficulté à vivre.

Se sentant différent le poète mène une vie non-conformiste, en dandy, en bohèmien. Les problèmes politiques et sociaux ne lintéressent guère. Il ha le goût du choc, de la provocation. Cette attitude est une forme de révolte contre la société bourgeoise quil déteste, une sorte daffirmation de sa supériorité spirituelle. La création poétique devient une nécessité intérieure, un moyen pour voir claire dans son âme et analyser son conflit.

LES FLEURS DU MAL  (1857)

Recueil de poèmes, organisés selon une architecture précise.

A lédition originelle, ont été éliminés six poèmes et ajoutés 35.

Le titre. Il surprend pour l’union de deux termes contraddictoires : les fleurs, symbole de pureté et de beauté, et le mal, qui évoque lidée de péché. Baudelaire  explique quil avait cherché de « extraire la beauté du mal ».

Pour la première fois la poésie soccupe du mauvais et du mal, le poète refuse lidée que lart poétique soit liés au Bien.

La structure du recueil. Il est divis en six parties qui représentent les étapes du voyage imaginaire du poète vers la mort, pour échapper au spleen.

Dans le premier poème qui sert de prologue le poète invite lhypocrite lecteur à ne pas fermer les yeux sur sa condition et à le suivre dans ce voyage qui parcourt les étapes du voyage réel vers lEnfer quest la vie.

  1. SPLEEN ET IDEAL  Cest la partie la plus riche, dans laquelle Baudelaire découvre la dualité de la condition humaine. L’homme aspire à labsolu, mais il est incapable de le réaliser. Doù le sens dennui, de dégoût de lui-même, le spleen.
  2. TABLEAUX PARISIENS  La ville, représentée comme un lieu horrible et fascinant à la fois, est la première étape du voyage. Le poète regarde comment vivent les autres hommes.

Il voit des prostituées, des mendiants, des infirmes, des exilés : certains acceptent leur  destin, dautres luttent pour y échapper. Dans la ville il voit plusieurs possibilités dévasion à travers la choix volontaire du mal.

  1. LE VIN   Lalcool est une première tentative dévasion vers lailleurs.
  2. LES FLEURS DU MAL  La sexualité, les amours interdites et les paradis artificiels restent

des expériences sans issue pour connaître la nature véritable de lhomme.

  1. LA REVOLTE  Il ne reste que la révolte contre Dieu, et linvocation à Satan.
  2. LA MORT  La révolte est inutile, Dieu est sourd ou ne peut rien faire. La mort est alors le dernier espoir de lhomme : cest une promesse de paix, la fin dune tragédie, le terme de lennui.

A la fin du recueil, le conflit entre spleen et idéal, entre salut et damnation, ne trouve pas de solution. Reste lespoir du poète dun voyage qui le conduise hors de l’Univers dans un espace inconnu, affranchi du temps.

LE SPLEEN DE PARIS (1869)

Il sagit dun recueil incomplet qui fait pendant aux Tableaux parisiens des Fleurs du mal.

Cest un nouveau gendre appelé « Poèmes en prose », crée par A. Bertrand. Lexpression, paradoxale, indique lopposition à la versification classique, aux lois métriques et de prosodie.

La poésie du langage est alors assurée par dautres systèmes de rythmes et de répétitions : petits paragraphes, couplets, repetitions lexicales et syntaxiques.

Les images prennent plus dimportance, et sorganisent en réseaux qui permettent de provoquer sémantiquement les phénomènes décho qui ne sont plus assurées par les sonorités. Cependant celles-ci conservent leur importance, avec lorganisation subtile des systèmes dallitérations, assonances, échos, librement choisis par lauteur.

LA MODERNITE POETIQUE DE BAUDELAIRE

LHERITAGE ROMANTIQUE

Baudelaire admire les romantiques, en particulier Chateaubriand et Hugo.

Il y a en effet beaucoup daffinité entre le tempérament tourmenté de B. et certaines attitudes romantiques, quil accepte mais amplifie, porte aux extrêmes conséquences : lamour devient amour spirituel mais aussi érotisme, péché, sensualité pure ; le thème religieux devient mysticisme ; le vague à lâme devient spleen, vide moral, angoisse, le goût du laid devient goût de létrange, du bizarre, de lartificiel, du grotesque et du dégoûtant, le thème de lévasion devient voyage vers les paradis artificiels, vers linconnu, mais aussi vers la beauté idéale; la mort nest plus élan vers le Haut, mais anéantissement physique de lhomme.

Quant au rôle du poète, on reconnaît aussi des affinités. Déjà le poète romantique se considère un être supérieur et incompris. Mais il sagissait dune attitude aristocratique, hautaine envers la médiocrité du monde.

Maintenant le poète fait de cette attitude une expérience de vie. Maudit, il fait de sa différence et de son dandysme une sorte dhéroïsme.

Baudelaire aussi a une mission à accomplir, mais ce nest pas de défendre une thèse.

Le poète ne se sent plus détenteur de valeurs communes, il est isolé, marginé, il nest pas compris.

Il doit découvrir le sens plus profond des choses, pénétrer les apparences pour révéler linvisible.

Il ne décrit pas, il suggère. Sa poésie est immatérielle et ne peut pas être commercée. Il sadresse donc à la postérité. Dans le présent son message est refusé, considéré scandaleux.

Quant à la nature elle nest ni bonne, ni belle et ne satisfait pas la soif dinfini.

Il faut percevoir des analogies, des correspondances entre les mondes sensible et supérieur.

A travers la synesthésie, grâce à son imagination et à un langage purifié, le poète peut faire émerger linvisible et faire découvrire l’unité de l’univers.

LHERITAGE PARNASSIEN

Le culte de la Beauté pure et lexigence dun travail formel rigoureux vient de lécole du Parnasse.

Mais Baudelaire critique le culte immodéré de la forme  et, même sil introduit le réalisme urbain et du grotesque, il veut toujours exprimer la passion et la raison.

  1. accepte et approfondit la leçon du Parnasse qui donnait au mot son relief plastique et jouait sur la musicalité allusive : pour lui le mot poétique est doué dune signification symbolique. Il rend sensible, palpable ce quil y a au-delà de la réalité. Le langage poétique est doué dun pouvoir magique, il abolit les contradictions, il fait naître la beauté de la laideur, il éveille des sensations multiples, musicales, olfactives, picturales, il crée un monde nouveau.

di Francesco Avolio

Audio Lezioni sulla Letteratura italiana dell’ottocento del prof. Gaudio

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