ESAME DI STATO DI LICEO LINGUISTICO


ESAME DI STATO DI LICEO LINGUISTICO -  2003

Tema di: LINGUA STRANIERA

TESTO LETTERARIO – LINGUA FRANCESE

(comprensione e produzione in lingua straniera)

Pierrot

Mme Lefèvre était une dame de campagne, une veuve, une de ces demi-paysannes à rubans et à chapeaux falbalas, de ces personnes qui parlent avec des cuirs, prennent en public des airs grandioses, et cachent une à ¢me de brute prétentieuse sous des dehors comiques et chamarrés, comme elles dissimulent leurs grosses mains rouges sous des gants de soie écrue.

Elle avait pour servante une brave campagnarde toute simple, nommée Rose.

Les deux femmes habitaient une petite maison à volets verts, le long dune route, en Normandie, au centre du pays de Caux.

Comme elles possédaient, devant l’habitation, un étroit jardin, elles cultivaient quelques légumes.

Or, une nuit, on leur vola une douzaine doignons.

Dès que Rose saperà §ut du larcin, elle courut prévenir madame, qui descendit en jupe de laine. Ce fut une désolation et une terreur. On avait volé, volé Mme Lefèvre! Donc, on volait dans le pays, puis on pouvait revenir.

Et les deux femmes effarées contemplaient les traces de pas, bavardaient, supposaient des choses: Tenez, ils ont passé par là. Ils ont mis leurs pieds sur le mur; ils ont sauté dans la plate-bande.”

Et elles sépouvantaient pour lavenir. Comment dormir tranquilles maintenant!

Le bruit du vol se répandit. Les voisins arriv’èrent, constatèrent, discutèrent à leur tour; et les deux femmes expliquaient à chaque nouveau venu leurs observations et leurs idées.

Un fermier dà cà´té leur offrit ce conseil: Vous devriez avoir un chien.”

Cétait vrai, cela; elles devraient avoir un chien, quand ce ne serait que pour donner léveil. Pas un gros chien, Seigneur! Que feraient-elles dun gros chien! Il les ruinerait en nourriture. Mais un petit chien (en Normandie, on prononce quin), un petit freluquet de quin qui jappe.

Dès que tout le monde fut parti, Mme Lefèvre discuta longtemps cette idée de chien. Elle faisait, après réflexion, mille objections, terrifiée par limage dune jatte pleine de pà ¢tée; car elle était de cette race parcimonieuse de dames campagnardes qui portent toujours des centimes dans leur poche pour faire laumà´ne ostensiblement aux pauvres des chemins, et donner aux quà ªtes du dimanche.

Rose, qui aimait les bà ªtes, apporta ses raisons et les défendit avec astuce. Donc il fut décidé quon aurait un chien, un tout petit chien.

On se mit à sa recherche, mais on nen trouvait que des grands, des avaleurs de soupe à faire frémir. Lépicier de Rolleville en avait bien un, un tout petit; mais il exigeait quon le lui payà ¢t deux francs, pour couvrir ses frais délevage. Mme Lefèvre déclara quelle voulait bien nourrir un quin”, mais quelle nen achèterait pas.

Or, le boulanger, qui savait les événements, apporta, un matin, dans sa voiture, un étrange petit animal tout jaune, presque sans pattes, avec un corps de crocodile, une tà ªte de renard et une queue en trompette, un vrai panache, grand comme tout le reste de sa personne. Un client cherchait à sen défaire. Mme Lefèvre trouva fort beau ce roquet immonde, qui ne coà»tait rien. Rose lembrassa, puis demanda comment on le nommait. Le boulanger répondit: Pierrot.”

Il fut installé dans une vieille caisse à savon et on lui offrit dabord de leau à boire. Il but. On lui présenta ensuite un morceau de pain. Il mangea. Mme Lefèvre, inquiète, eut une idée: Quand il sera bien accoutumé à la maison, on le laissera libre. Il trouvera à manger en rà´dant par le pays.”

On le laissa libre, en effet, ce qui ne lempà ªcha point dà ªtre affamé. Il ne jappait dailleurs que pour réclamer sa pitance; mais, dans ce cas, il jappait avec acharnement.

Tout le monde pouvait entrer dans le jardin. Pierrot allait caresser chaque nouveau venu, et demeurait absolument muet.

Mme Lefèvre cependant sétait accoutumée à cette bà ªte. Elle en arrivait mà ªme à laimer, et à lui donner de sa main, de temps en temps, des bouchées de pain trempées dans la sauce de son fricot.

Mais elle navait nullement songé à limpà´t, et quand on lui réclama huit francs, – huit francs, madame! – pour ce freluquet de quin qui ne jappait seulement point, elle faillit sévanouir de saisissement.

Guy de Maupassant, Contes de la Bécasse” (1883), Editions Gallimard, Collection Folio Classique, pp. 55-59

COMPREHENSION

Pierrot était-il un bon chien de garde?

Les deux femmes sépouvantaient pour lavenir”. Pourquoi?

Pourquoi daprès vous Madame Lefèvre trouva-t-elle fort beau le petit chien?

Madame Lefèvre était-elle généreuse envers les pauvres?

Expliquez lexpression avaleurs de soupe à faire frémir”.

Pourquoi les voisins conseillèrent-ils de chercher un petit chien?

Madame Lefèvre a-t-elle été victime dun vol important?

Pourquoi Madame Lefèvre na-t-elle pas pris le chien de lépicier?

PRODUCTION

Résumez le texte en quelques lignes.

Quelles sont vos impressions à propos du personnage de Madame Lefèvre?

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Durata massima della prova: 6 ore.

È consentito l’uso dei dizionari monolingue e bilingue.

Non è consentito lasciare l’Istituto prima che siano trascorse 3 ore dalla dettatura del tema